Éric Perrot a déjà tout gagné, mais son ambition pour 2030 pourrait bien inquiéter la Norvège !

Trois médailles olympiques, dont deux en or, trois petits globes de cristal et le gros globe de la Coupe du monde : Éric Perrot a vécu un hiver exceptionnel. Pourtant, loin de se reposer sur ses exploits, le Français a déjà décidé de tourner la page. Son prochain défi ? Construire un projet ambitieux sur quatre ans, avec les Jeux olympiques de 2030 à domicile en ligne de mire.
À seulement trois semaines de la reprise de la Coupe du monde, prévue le 26 novembre, le leader des Bleus affiche une sérénité remarquable. Interrogé sur la chaîne L'Équipe, il assure n'avoir connu ni contrecoup psychologique ni véritable coup de blues après une saison aussi exceptionnelle.
Pour lui, les trophées appartiennent déjà au passé. Et c'est précisément cette capacité à regarder devant qui pourrait faire de lui un champion durable.
Ne pas laisser les victoires devenir un poids
Après avoir presque tout remporté, une question se pose naturellement : comment retrouver la motivation lorsque l'on a déjà atteint le sommet ?
Éric Perrot a choisi une méthode assez particulière. Il refuse de rester prisonnier de son palmarès. Les trophées ne sont même pas exposés chez lui. Plutôt que de contempler ses succès, il préfère se concentrer sur les prochains objectifs.
La pause printanière lui a permis de digérer une saison particulièrement exigeante, marquée par le double objectif de la Coupe du monde et des Jeux olympiques. Sa préparation a ensuite été adaptée, avec notamment un stage en Norvège et plusieurs périodes de travail individuel en dehors du cadre habituel de l'équipe de France.
À l'approche de la dernière ligne droite sur neige, les sensations sont bonnes. Mais le Français sait surtout qu'il ne veut pas rester l'homme d'un seul hiver.
Un projet sur quatre ans avec les Jeux de 2030 en ligne de mire
L'ambition d'Éric Perrot dépasse largement la simple défense de ses titres. Le biathlète souhaite construire un projet solide sur quatre saisons, s'inscrire dans la durée et démontrer qu'il peut rester au sommet bien au-delà d'un hiver exceptionnel.
Son grand objectif est déjà identifié : les Jeux olympiques de 2030, organisés en France. Une échéance qui donne une dimension particulière à son nouveau projet sportif.
Pour y parvenir, il sait que le talent et la condition physique ne suffiront pas. La régularité, la capacité d'adaptation et les bons choix au fil des saisons seront tout aussi déterminants.
Pas de préparateur mental, mais une confiance qui reste encadrée
Autre particularité de sa préparation : Perrot ne travaille pas actuellement avec un préparateur mental attitré. Il préfère avancer de manière autonome, en s'appuyant sur son expérience et les échanges avec son entourage.
Selon lui, la véritable préparation mentale repose avant tout sur une bonne connaissance de soi. Il faut savoir anticiper ses réactions, aussi bien dans les moments de réussite que dans les périodes plus difficiles.
Cela ne signifie pas pour autant qu'il refuse toute aide extérieure. Si le besoin se présente, il n'exclut pas de faire appel à un accompagnement spécifique.
Il accorde également une grande importance aux avis de ses préparateurs physiques, des entraîneurs de tir et de sa famille. Leur regard lui permet de prendre du recul et de rectifier sa trajectoire si nécessaire.
Siegfried Mazet, un atout supplémentaire pour viser 2030
En tant que figure majeure du biathlon français, Éric Perrot poursuit son travail à 100 % avec l'équipe de France. Il se montre notamment enthousiaste à propos de l'arrivée de Siegfried Mazet dans le staff.
Son expérience auprès des meilleurs biathlètes norvégiens, mais aussi sa connaissance de plusieurs générations de champions et de leurs difficultés, constituent selon Perrot un véritable atout.


Pour le Français, disposer d'un encadrement qui a connu aussi bien les grandes réussites que les périodes plus compliquées peut faire la différence dans la construction d'un projet à long terme.
Aucun vide après les Jeux et aucune envie de changer de discipline
Alors que certains sportifs connaissent une période difficile après l'euphorie olympique, Éric Perrot assure n'avoir ressenti aucun contrecoup particulier.
Il avait pourtant échangé avec Florent Manaudou, qui lui avait expliqué le contraste parfois brutal entre l'intensité des Jeux et le retour à la vie quotidienne. Mais dans son cas, la reprise de la Coupe du monde, seulement une semaine après les épreuves olympiques, a facilité la transition.
En dehors du biathlon, le Français profite de ses amis, joue aux échecs, pratique le football, le ski et la randonnée en montagne. Quelques moments plus festifs au printemps lui permettent également de souffler après une longue saison.
Concernant Émilien Jacquelin, qui a choisi de se consacrer au cyclisme, Perrot reconnaît que son absence représente une perte pour les relais français. Il respecte néanmoins cette décision audacieuse, portée par la personnalité et l'enthousiasme de son coéquipier.
Mais lui n'envisage absolument pas de suivre la même voie. Pas de double carrière, pas de changement de discipline : sa priorité reste entièrement tournée vers le biathlon.
Éric Perrot a déjà conquis les plus grands titres, mais il refuse de considérer cette réussite comme un aboutissement. Son véritable défi commence maintenant : confirmer, durer et construire une nouvelle histoire sur quatre ans.
Avec les Jeux de 2030 en France comme horizon, le champion tricolore semble déjà avoir trouvé une nouvelle source de motivation. Et ses concurrents, notamment norvégiens, savent désormais qu'il ne compte pas s'arrêter là.
